Orthophonie et orthodontie… Ah oui?

Orthophonie et orthodontie… Ah oui?

L’orthodontiste et l’orthophoniste partagent le même champ d’action qui est celui de la rééducation des dysfonctions oro-faciales. Ces professionnels ont pour principal souci la normalité. Ceci doit les pousser à adopter une investigation multidisciplinaire pour une meilleure prise en charge des patients, dans le cadre d’une déglutition atypique/infantile/primaire.

Un travail d’équipe et complémentaire est parfois nécessaire pour le bien des patients et le succès des praticiens. Les impacts d’un trouble orofacial myofonctionnel (TOM) sont nombreux et variés :  déglutition, dentition, prononciation, fonctions musculaires et posture. Selon ROMETTE D., l’orthodontiste tirant dans un sens et la langue poussant dans l’autre, l’issue du combat n’est pas toujours en faveur du premier.

Signes de la déglutition atypique
• Langue basse au repos
• Langue et lèvres hypotoniques
• Respiration buccale
• Habitudes de succion excessives et non appropriées à l’âge
• Mauvaises habitudes orales
• Espace libre excessif

Pourquoi conseiller l’orthophonie
• Pour éviter l’aggravation des malocclusions
• Pour aider l’apparition et l’alignement des dents
• Pour éliminer les mauvaises habitudes orales qui vont allonger le traitement orthodontique
• Pour diminuer les signes et les symptômes des troubles temporo-mandibulaires

A quel moment référer en orthophonie ?
Avant, pendant ou après
Il est plus facile d’intervenir avant que pendant, toutefois il n’est jamais trop tard.

Période idéale
Entre 8 et 12 ans. La compréhension et la motivation de l’enfant ainsi que la collaboration des parents constituent des facteurs de réussite de la rééducation.

Contre-indications
• Capacités cognitives limitées
• Intervention médicale préalablement requise (frein lingual restrictif)
• Appareils orthodontiques limitants
• Malocclusion trop sévère empêchant la fermeture labiale (ex : béance importante)

Évaluation en orthophonie
• Identification de la source du TOM et des mauvaises habitudes orales
• Observation des impacts sur la posture et les structures orofaciales
• Examen intra-oral
• Observation du patron de déglutition
• Observation de la respiration
• Évaluation de la prononciation

Intervention orthophonique
• Éliminer les mauvaises habitudes orofaciales
• Augmenter le tonus orofacial
• Stimuler les nouveaux patrons moteurs requis pour la déglutition et la mastication
• Amener un placement articulatoire adéquat pour les sons touchés
• Restaurer la respiration nasale
• Environ 10 séances 

Le tout à l’aide d’exercices à répéter régulièrement à la maison.

Conclusion
Les patients sont un tout, il faut regarder plus loin que la bouche et les dents. Principe du tuteur : les appareils orthodontiques et une thérapie en orthophonie sont parfois nécessaires pour faciliter le bon développement des maxillaires.

Article rédigé par Aurélie Grossmann, Orthophoniste #4041
agrossmann@unmuseau.com

Après l’obtention de son Master en Logopédie, en 2005, à l’Université de Liège en Belgique, elle a été chargée de rééduquer des enfants et des adultes atteints de troubles de la communication orale et écrite, ainsi que des troubles de la voix, de la déglutition et de l’oralité alimentaire. Aurélie travaille avec l’équipe de la clinique Un Museau vaut mille Mots depuis un peu plus d’un an.

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