8 Choses que je veux vous dire à propos de mon enfant dyslexique

8 Choses que je veux vous dire à propos de mon enfant dyslexique

Parfois, j’ai peur que vous me jugiez comme parent. Encore pire, j’ai peur que vous jugiez mon enfant. Quand vous parlez des exploits scolaires de votre petite dernière, quand vous me dites à quel point vous êtes fier que votre fils sache lire à un si jeune âge, quand vous vous inquiétez que mon enfant à moi soit si en retard comparé aux autres… Peut-être vous questionnez-vous sur mes capacités parentales et sur les capacités intellectuelles de mon enfant. Pourtant, il n’est pas moins bon que le vôtre. Il n’a pas reçu moins d’attention de ma part. J’ai pris le temps de lui apprendre les couleurs, les chiffres, les formes… les lettres. Mon enfant est dyslexique. Il est différent, avec ses faiblesses et ses grandes forces à lui. C’est tout.

Voici ce que j’aimerais vous dire au sujet de mon enfant dyslexique :

Il n’est pas malade

La dyslexie n’est ni une maladie ni la conséquence d’une blessure ou d’une malformation. Il est impossible de la traiter avec des médicaments. La dyslexie est une différence dans l’organisation de son cerveau qui rend la reconnaissance de symboles comme les lettres, très difficile. Pour lui, apprendre à lire et à écrire est une tâche monumentale. Il sera dyslexique toute sa vie. Avec beaucoup de travail et d’aide spécialisée, il pourra développer des méthodes, apprendre à utiliser des outils qui lui permettront de poursuivre ses études, aller à l’université et faire le métier qu’il veut quand il sera grand.

Il est intelligent

Mon enfant a plusieurs forces et capacités intellectuelles. Il a des difficultés en lecture et en écriture. Son cerveau peine à décrypter les symboles qui forment les sons dans les mots. Certains enfants ne sont pas très bons en dessin, manquent de coordination dans les sports ou n’ont pas l’oreille musicale. Tous les enfants sont différents et ont des forces et des faiblesses. Plusieurs personnes célèbres avaient ou ont une dyslexie; Walt Disney, Agatha Christie, Whoopie Goldberg, Muhammed Ali, Picasso, Steven Spielberg et plusieurs autres.

Il ne deviendra pas meilleur en lisant plus

Mon enfant a toujours eu accès à plusieurs livres. Je prends le temps de lui lire des histoires depuis qu’il est haut comme 3 pommes. Malgré que ces moments passés avec lui soient des plus bénéfiques, ils ne l’aideront pas à devenir meilleur en lecture et en écriture. Forcer mon enfant à lire davantage pour qu’il devienne meilleur ne ferait qu’engendrer frustration, anxiété, faible estime de lui et problèmes de comportement. Ce serait comme d’obliger une personne à accomplir une tâche pour laquelle elle n’a pas la force physique ou la formation nécessaire pour y arriver.

Source: unsplash.com

Il n’est pas paresseux

Son cerveau doit décoder tout ce qu’il lit pour pouvoir le comprendre, il doit travailler très fort et n’arrive pas à suivre le rythme de ses camarades de classe. On pourrait avoir tendance à insister pour qu’il continue, persévère et termine son travail pendant la récréation ou au lieu d’aller jouer… mais la tâche est profondément épuisante pour lui et il a désespérément besoin d’un temps de pause!

Il a besoin de mesures adaptatives pour réussir

Avec l’aide nécessaire, il peut réussir tout ce qu’il entreprend. Comme l’enfant qui a besoin de lunettes pour corriger sa myopie et voir au tableau, il a besoin d’un logiciel spécialisé pour lire et écrire. Il a besoin de plus de temps pour terminer ses examens. Il a besoin de tutorat. Il a besoin de caractères plus gros et de textes bien organisés sans éléments dérangeants. Il a besoin de prendre des pauses fréquentes. Avec les bons outils et une bonne compréhension de ses besoins, il peut avoir accès à la lecture et à l’écriture au même titre que les autres.

Il se sent stupide et moins bon que les autres

Il sait que ses camarades de classe sont beaucoup plus avancés que lui en lecture et en écriture, finissent leurs travaux à temps et apprennent plus vite. Son estime de lui en est profondément ébranlée, et sans le soutien nécessaire, il pourrait vite décrocher et ne plus vouloir aller à l’école. Ses forces doivent être reconnues et nommées dans sa classe et auprès de ses camarades. Les arts, la musique, le théâtre, les sports, les sciences, sont des domaines dans lesquels il peut vivre de belles et grandes réussites. Il est primordial de miser sur ces réussites pour lui montrer sa valeur! Il faut à tout prix éviter de lui dire d’essayer plus fort, qu’il ne met pas assez d’efforts, etc. Il donne vraiment son 150% et se sent souvent frustré, voire démoli de ne pas réussir malgré cela.

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Il ne devrait pas être étiqueté

Il est un enfant comme les autres, il est dyslexique, et tous les enfants dyslexiques sont différents. Certains ont des symptômes de TDA, d’autres non. Certains ont beaucoup de difficultés à mettre des mots sur leurs pensées, d’autres sont très verbaux. Certains ont des capacités intellectuelles dans la normale, d’autres ont un haut potentiel intellectuel. Certains ont des troubles du comportement, d’autres sont très réservés. Mon enfant a sa propre personnalité et mérite d’être connu et reconnu pour ce qu’il est, il est tellement plus que sa dyslexie!

Ses forces lui ouvriront des portes

Parce que les personnes dyslexiques sont extrêmement créatives et qu’elles ont une pensée visuelle particulièrement développée, elles sont souvent celles qui « voient » les solutions que les autres ne voient pas. Pour avoir vécu la différence, les moqueries et une faible estime d’eux-mêmes, elles sont des personnes empathiques, ouvertes d’esprit et compréhensives. Parce qu’elles ont dû travailler 10 fois plus pour arriver aux mêmes résultats que les autres, elles sont persévérantes, travaillantes, et savent se relever. Ces qualités sont très appréciées de plusieurs employeurs et champs d’expertise. Certaines entreprises vont même jusqu’à délibérément choisir des personnes dyslexiques!

Dans une société qui se veut de plus en plus inclusive et diversifiée intellectuellement, il est primordial que les différences comme la dyslexie soient comprises et vues comme des différences et non réduites à des déficiences ou des handicaps. En incluant socialement mon enfant dyslexique au même titre que les autres, en lui donnant les outils dont il a besoin pour développer son plein potentiel, en l’aidant à bâtir la confiance en lui qui lui permettra de réussir, vous participez à construire une société tellement plus riche et solide. Ces personnes qui pensent et apprennent différemment sont essentielles à l’avancement de notre monde, pour trouver des solutions nouvelles et faire évoluer les choses. Il suffit de prendre le temps de comprendre et de bien regarder pour apprécier et s’impressionner de leur plein potentiel!

Source : https://www.lifehack.org/285680/20-things-only-parents-children-with-dyslexia-would-understand

Article rédigé par Mélina Patry

Graphiste de formation, elle cumule plus de 15 années d’expérience en soutien administratif et en service à la clientèle. Membre de l’équipe Lexibar depuis 2017 elle est responsable du programme de licences pour les professionnels. Elle est maman de 2 tout petits et belle-maman de 2 plus grands. Tout ce qui concerne l’éducation et la justice sociale la touche personnellement et elle se fait un devoir de travailler vers une société plus juste et équitable dans tout ce qu’elle entreprend.

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